Pas de ceinture de sécurité pour les services de sécurité

Le nouveau code de la route sur la table des députés en juillet : suppression des commissions de retrait et dispense du port de ceinture de sécurité pour les corps constitués.

Le projet de loi amendant et complétant l'ordonnance 01-14 d'août 2001, relative à la réglementation de la circulation et la prévention routière, figure parmi les projets de loi qui seront soumis à examen et approbation des membres des deux chambres (APN et Sénat), lors de la session de printemps, probablement en juillet, enrôlé aux côtés des codes des APC et de wilaya, on a appris auprès du président de la commission Transports et Télécommunications au sein de l'APN M. Benhamou Mohammed (ex-FNA).

Qualifiant la mouture de Amar Tou de «maigre», le député nous fera part à ce titre et en exclusivité de deux nouveautés, à savoir la suppression des commissions de wilaya de retrait du permis de conduire et dispense du port de ceinture de sécurité pour les corps constitués. Lesdites instances céderont la place à des tribunaux de police spéciaux qui auront à statuer en la matière.

Ainsi l'administration passera le témoin à la justice qui prendra le relais. S'agissant de l'exception sécuritaire ou plutôt l'exemption, celle-ci s'expliquerait, selon notre interlocuteur, par des exigences de souplesse en matière d'intervention ou dans le cadre de mission (à bord de véhicules), en l'occurrence pour les agents de la protection civile, les gendarmes, les policiers, les gardes communaux et les douaniers ainsi que les militaires en service commandé.

Le contexte criminologique (terrorisme et crime organisé) y est vraisemblablement pour quelque chose. Quant aux propositions que les députés feront devant la première chambre, elles ont trait au permis à points, à la formation des candidats au PC, l'agrément des auto-écoles, la création d'un centre de formation d'inspecteurs du PC et l'introduction du code de la route dans le système éducatif, nous indiquera M. Benhamou Mohammed.

Il convient de souligner dans ce cadre que ce projet de loi fait suite aux instructions du président de la République Abdelaziz Bouteflika données en janvier dernier à son ministre des Transports Amar Tou de préparer un avant-projet de loi relatif au code de la route. Et pour cause.

Il y a péril en la demeure, pardon sur la chaussée. En dépit du fait que le «nouveau» code qui entra en vigueur le 1er mars 2005 revêt un caractère dissuasif, voire répressif puisqu'il prévoit pas moins de 18 cas de retrait immédiat de permis.

On n'hésite pas à parler de terrorisme routier au regard de l'hécatombe qui sévit à travers le territoire national. Le bilan de l'année 2008 est à juste titre éloquent : 4.000 morts et 33.000 blessés (quinze personnes sont tuées et deux cents blessés en moyenne par jour). Un bilan qui place l'Algérie aux premières loges en matière d'accidents au niveau du Maghreb, du monde arabe et même mondial.

Au cours du premier trimestre 2009, 9.500 accidents de la circulation ont été enregistrés en Algérie, soit une hausse de 2,94% par rapport à la même période 2008, selon les dernières statistiques du CNPSR.

Le nombre de décès est de 951 au cours de cette période, soit une baisse de 2,66% par rapport à l'année écoulée, tandis que celui des blessés, il est estimé à 13.814.

Quant au coût annuel des accidents de la route, il dépasserait les 75 milliards de dinars (750 millions d'euros) alors que la prise en charge des victimes est estimée à plus de 75 milliards de dinars par an.

 

Enquête: La majorité des chauffeurs estiment que le Code de la route limite leur liberté individuelle!

La majorité des chauffeurs estiment que le Code de la route limite leur liberté individuelle!
Les statistiques sont effarantes, ahurissantes! Une étude du département de sociologie et des sciences humaines de l’université de Bouzaréah révèle que 70% des Algériens ne respectent pas «spontanément» le nouveau Code de la route. Et ajoute, après évaluation d’un certain nombre d’interviewés dans le cadre de cette enquête, que 68% de nos compatriotes ne tiennent pas sérieusement compte de la signalisation routière. Voire la transgressent violemment en l’absence d’un agent de l’ordre. Puisque la même étude ajoute que 72% des automobilistes algériens questionnés n’hésitent pas à commettre sciemment une infraction au Code de la route «lorsque l’occasion le permet».
Et c’est dans ce même pourcentage que les experts nous apprennent que les Algériens approchés croient que le nouveau Code de la route limite leur liberté individuelle.
Ces révélations ont été livrées à la suite de la lecture d’un article scientifique dans l’enceinte de l’université de Bouzaréah, où a eu lieu, hier, une journée d’étude portant sur le «nouveau Code de la route et société». Les auteurs de cette enquête -qui a concerné une centaine de conducteurs- font savoir que l’usager de la route a une propension à confondre espace public et espace privé puisque, lorsque ce dernier est sur la chaussée, il la considère comme sa propriété et ne fait pas preuve de partage de cet espace commun qu’est la route. Les scientifiques commentent ce comportement anachronique et dénoncent l’absence d’une éducation routière proprement dite et que devrait dispenser dès les premières années de la scolarité, l’école publique.
Ils accusent également le mimétisme social comme phénomène aggravant et qui perpétue de manière dangereuse le fléau du terrorisme routier. Ils accusent en outre la cellule familiale d’avoir adopté une attitude d’abandon devant cette situation préoccupante. Il ajoute que cette dernière reste démissionnaire face à la question cruciale de la prévention routière.
Néanmoins, il est également démontré que 68% des citoyens abordés jugent que les articles du Code de la route ne jouissent pas d’une application suffisamment ferme, équitable et ignorent l’exception.
Mieux, selon beaucoup d’Algériens, le retrait du permis de conduire ne ferait que discréditer le nouveau Code de la route, en somme, ce dernier souffrirait encore d’une certaine fragilité.
L’étude ne va cependant pas jusqu’à préconiser l’importation de solutions préfaites et de les appliquer derechef à la réalité nationale.
omprendre le permis à points présentement appliqué avec plus ou moins de polémique en France.
D’autant que l’Algérien demeure victime de certaines attitudes psychosociales qui déterminent son comportement au volant. D’autre part, une autre étude ayant porté sur «les conduites téméraires au volant» en posant comme paramètre, le franchissement de la ligne continue, fait ressortir la tranche d’âge des 18-35 ans comme étant la plus encline aux dépassements dangereux et donc à l’origine de graves sinistres.
Dans ce cas précisément, l’étude fait ressortir le rôle peu déterminant du niveau intellectuel dans l’adoption de pareille conduite suicidaire. Le niveau scolaire ne reflète pas nécessairement le degré de conscience chez les jeunes, nous apprend l’étude.
Enfin, tous les intervenants ont insisté sur le rôle pédagogique qu’ont à jouer toutes les institutions de l’Etat ainsi que la société civile dans l’élimination du terrorisme routier. Ils ont rejeté donc l’idée d’une application totalitaire de la loi pour venir à bout de ce dernier et qui fauche chez nous quelque 4000 âmes annuellement.

 

 

 

 

 

 

 

 

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