Vente de permis de conduire en Algérie Les auto-écoles démentent l’existence du phénomène

Face aux députés qui ont discuté durant plusieurs jours du plan d'action du gouvernement, Ouyahia s'est montré intransigeant en affichant une ferme volonté de maintenir le cap.

Le phénomène de la vente du permis de conduire, pratiqué par des gérants d’autoécoles, n’est pas du goût de Benseghir Sid Ahmed, président de la Commission nationale des auto-écoles relevant de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA).

En effet, le président a nié catégoriquement, dans un entretien téléphonique, l’existence de cette pratique en Algérie. Etonnante attitude, du fait que d’autres gérants se plaignent de ce fléau qui ronge cette corporation. «Je suis tout à fait contre ce genre d’accusations.

Les gérants des autoécoles ont la conscience professionnelle et le ministre des Transports a mis tous les jalons pour que les gérants ne recourent pas à cette pratique», a indiqué notre interlocuteur. «Si au niveau de certaines wilayas de telles pratiques ont cours, ce n’est pas du tout le cas dans beaucoup d’autres.

Il ne faut pas généraliser. Les autoécoles font un bon travail et sont remerciées pour ça. Ils assurent la formation à leurs candidats pendant trois mois sanctionnée ensuite par des examens», affirme M. Benseghir.

Interrogé sur la relation entre l’aggravation des accidents et les candidats qui obtiennent leur permis de conduire sans avoir suivi aucune formation, le président de cette commission dira : «Les raisons de l’hécatombe des routes sont multiples.»

Il cite, entre autres causes, l’absence flagrante de signalisations routières dans plusieurs wilayas, l’alcool, la saturation du parc automobile et la mauvaise qualité du réseau routier. Mais entre les déclarations de ce responsable et la réalité du terrain, la chose est tout autre.

La vente de permis de conduire est un phénomène très répandu en Algérie à tel point qu’elle «s’est institutionnalisée». Elle est en passe de devenir une chose «normale» et non une effraction vis-à-vis de la loi et n’est même pas une pratique corruptive. Il n’est pas rare de trouver des gens en possession de ce fameux papier rouge sans avoir suivi de formation en la matière. «J’ai acheté mon permis», on n’entend que ça.

Chacun sa raison. Pour certains, acheter son permis est synonyme de raccourci et éviter toutes les tracasseries administratives, à commencer par le dossier à fournir à l’auto-école jusqu’à la délivrance de ce permis par la daïra.

Pour d’autres, c’est dans le souci d’économiser le temps. Car, avoir son permis il faut subir toutes les formations et en passant par les différents examens qui durent plus de cinq mois. Mais en l’achetant, c’est une affaire de deux à trois mois.

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